Les Stories : Le linceul du Christ à Nice
Richard Pogliano : « Le Saint-Suaire est le Linceul du Christ, le premier et le dernier témoin de la résurrection de Notre Seigneur Jésus Christ.
En 1388, le comté de Nice s’était donné à la Maison de Savoie et cette dernière conservait le Linceul du Christ à Chambéry.
En 1536, Charles III, 9ème duc de Savoie, menacé par l’armée française, se vit forcé d’abandonner Chambéry et de se réfugier à Nice avec le Linceul du Christ, qui séjourna en la citadelle du Château de Nice de 1536 à 1543.
Son fils, Emmanuel -Philibert devenu duc de Savoie, fit de Turin la capitale de tous les États de Savoie en 1563 et y ramena définitivement le Linceul du Christ en 1578…»
Le bienheureux Sébastien Valfré (1629-1710) était un saint prêtre, bien connu pour ses œuvres pastorales dans tout Turin. Il était respecté dans les hôpitaux, où il visitait régulièrement les malades, et les consolait par sa présence, les sacrements et la prédication de la parole de Dieu. Il était reconnu sur les marchés pour sa prédication publique. Son travail le plus apprécié, cependant, était celui d’enseigner le catéchisme à de grands groupes d’enfants à midi le dimanche – une tâche qu’il a commencée peu de temps après son entrée à l’Oratoire de Turin et qu’il a poursuivie pendant la majeure partie de sa vie. Dans toutes ces œuvres, il voyait en Notre Saint-Père saint Philippe le modèle du prêtre parfait. La persévérance du bienheureux Sébastien dans ses œuvres sacerdotales était une véritable marque de sa sainteté.
Cependant, la sainteté du bienheureux Sébastien découlait également de ses luttes pour se conformer à saint Philippe. Saint Philippe était doux et bon, tandis que le bienheureux Sébastien était dit dur et colérique. Saint Philippe pouvait facilement s’immerger dans une prière profonde à tout moment et passait souvent des heures dans un état d’extase. Le bienheureux Sébastien, quant à lui, aurait eu du mal à se concentrer et ne pouvait pas facilement s’engager dans la prière mentale – mais son âme trouvait toujours la paix et la concentration au moment de la consécration pendant la messe. Bien que ces difficultés le fassent souffrir intérieurement, la joie chrétienne de Sébastien dans l’esprit de saint Philippe a été constamment manifestée dans sa vie à l’Oratoire.
Ces luttes n’ont en rien affecté la foi du bienheureux Sébastien. En effet, sa vie est devenue un modèle de persévérance et une grande source d’espérance, offrant de nombreux exemples de la force de sa foi. Sébastien, qui avait une grande dévotion pour le Suaire de Turin et qui le visitait tous les vendredis, s’est vu confier la tâche délicate de le réparer en 1694. Avec beaucoup de respect et de soin, il s’efforça de réparer le Suaire, voyant dans ce travail un acte d’amour et de dévotion envers le Christ souffrant. « La Croix a reçu Jésus vivant et nous l’a rendu mort ; le Suaire a reçu Jésus mort et nous l’a rendu vivant. Le bienheureux Sébastien s’agenouilla pendant des heures pendant qu’il faisait son travail, sans voix, des larmes coulant sur ses joues en témoignage d’amour.
Le bienheureux Sébastien était conscient de ses imperfections. Il s’est également laissé guider par l’esprit doux de saint Philippe, surmontant ses difficultés personnelles au point que d’autres le considéraient comme un autre saint Philippe. C’était sa volonté de faire la volonté de Dieu malgré ses luttes personnelles et il a réussi en ayant Saint Philippe comme patron et défenseur, comme son guide vers le port de la félicité éternelle. Puissions-nous, comme le bienheureux Sébastien, reconnaître nos imperfections et chercher la direction de saint Philippe pour les surmonter.
Blessed Sebastian Valfrè — The Oxford Oratory
Photo 1
Chapelle de la Très-Sainte-Trinité et du Saint-Suaire de Nice
Photo 2
La confrérie des Pénitents rouges
Cette confrérie a été constituée par l'agrégation, au cours du temps, de trois confréries :
celle du Saint-Nom-de-Jésus, fondée en 1579,
celle du Saint-Esprit qui daterait de 1585,
et celle du Saint-Suaire fondée à Nice en 1620.
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Notes
« ...le Linceul du Christ, qui séjourna en la citadelle du Château de Nice… »
Précisions aux futur touristes : Le château de Nice n’existe plus, et cela depuis longtemps !
La château a résisté au siège du roi François 1er et des Turcs en 1543, ils ont été battus par les niçois et par une femme, une Jeanne d’Arc locale en quelque sorte : Catherine Ségurane, une bugadière (ou lavandière en Provence) qui n’avait pas la main légère avec son battoir… :-)
Le château est pris en 1691 par les troupes de Louis XIV.
Le château de Nice est détruit par les troupes de Louis XIV le 4 janvier 1706 après 54 jours de bombardement par 113 canons et mortiers.
Cela ne lui suffit pas : le roi Louis XIV ordonne aussi de détruire et d’araser à l’explosif jusqu’aux fondations le reste des fortifications épargnés par les bombardements, ainsi que les revêtements des fossés...
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Le roi Charles-Félix ?... Charles-Félix, dit « le Bien-Aimé » roi de Sardaigne, de Jérusalem et de Chypre.
« Charles-Félix bon roi des Niçois » (1821-1831)
Le roi Charles-Félix fait aménager la colline du château à Nice en lieu d’agrément et de promenade. Il entreprend la construction du Théâtre royal et fait moderniser la ville de Nice. Il meurt sans laisser de descendance en 1831.
Dernier représentant de la branche aînée de la maison de Savoie, Charles-Félix accéda au trône après la répression du mouvement révolutionnaire de 1821, réalisée sous la houlette d’un Niçois, le lieutenant général du royaume Ignace Thaon de Revel.
Souverain aux idées réactionnaires, il ne jouissait pas d’une image très favorable auprès des libéraux, mais à Nice les habitants l’accueillirent avec enthousiasme à l’automne 1826 et pendant la saison d’hiver 1829-1830.
Il est vrai qu’ils lui devaient plusieurs réalisations, destinées à moderniser et à embellir la ville.
En effet il accéda au vœu de la municipalité qui souhaitait disposer de la colline du château afin de la reboiser et d’aménager un lieu d’agrément supplémentaire pour les touristes.
Il favorisa la construction du théâtre royal et du pont neuf sur le Paillon, dénommé Saint-Charles, orné d’un obélisque et de quatre sphinx, offerts par l’Université des Israélites et en 1825 entérina la création de la Chambre royale d’agriculture, suggérée par l’intendant général Crotti.
Afin de perpétuer le souvenir de ce souverain, la ville de Nice lui fit ériger une statue, placée sur le port.
Le bon roi des Niçois disparut en 1831, après dix ans de règne.
(departement06.fr)